Reconstruction mammaire : qu’est-ce que le DIEP ? (Questions de femmes)
La reconstruction mammaire après l’ablation d’un sein n’est pas une décision à prendre à la légère : il s’agit d’une opération lourde, qui comporte des risques. Quelles sont les différentes options possibles ? Et comment faire le bon choix ?

La chirurgie est une des armes utilisées pour vaincre le cancer du sein. Deux types d’opération peuvent être réalisées : une chirurgie conservatrice (tumorectomie) ou l’ablation complète du sein (mastectomie).

Dans ce dernier cas, une reconstruction mammaire peut être envisagée. Quels sont les différents types de reconstruction possibles ? Comment faire le bon choix ?

Reconstruction mammaire : prenez le temps d’y réfléchir !

Il est difficile pour une femme de s’imaginer sans ses seins. Pourtant, pour certaines d’entre nous, c’est inéluctable. Certaines décident de l’accepter. D’autres optent pour une prothèse mammaire ou pour la chirurgie réparatrice. Vous devez savoir d’emblée que la reconstruction mammaire n’est pas une décision à prendre à la légère : il s’agit d’une opération lourde, qui comporte des risques.

Si toutefois vous désirez entreprendre une reconstruction mammaire, faites-le pour les bonnes raisons : parce que vous le désirez, et pas parce que c’est le souhait de votre partenaire.

Sachez aussi qu’un sein reconstruit n’est jamais exactement le même que celui que vous avez toujours connu. Mieux vaut s’y préparer pour anticiper une éventuelle déception.

Quels sont les différents types de reconstruction mammaire?

Si vous optez pour la reconstruction mammaire, voici les différentes options qui s’ouvrent à vous :

  • Reconstruction avec prothèse en silicone :
    Cette technique est plutôt appropriée aux femmes aux petits seins fermes. Avec une poitrine volumineuse, le résultat est plus décevant. L’opération a pour avantage principal d’être plus rapide (1h30) que la reconstruction avec vos propres tissus. Mais la prothèse est un corps étranger, ce qui présente des inconvénients : risque d’infections, petit risque de fuite ou de durcissement de la capsule qui entoure la prothèse. Heureusement, ces aléas ne surviennent pas souvent. La plupart des femmes ne développent aucune complication. Il est aussi parfois envisageable d’opter pour un mix entre la prothèse et la reconstruction mammaire avec vos propres tissus.
  • La reconstruction mammaire avec vos propres tissus (DIEP) :
    Pour ce type de reconstruction, le chirurgien utilise votre propre graisse, peau ou muscle, au niveau du ventre, des fesses, du dos ou de l’intérieur des cuisses. Il réalise une transplantation puis irrigue le nouveau sein avec une veine et une artère. Le sein ainsi reconstitué a un aspect plus naturel et esthétique que la reconstruction avec prothèse en silicone. Cependant, l’opération est très lourde (4 à 6 heures). Si le résultat est là, le contrecoup aussi. N’hésitez pas à évoquer la période de convalescence et ses conséquences avec l’équipe médicale qui vous suit et avec votre chirurgien.

Reconstruction mammaire immédiate ou ultérieure?

  • La reconstruction mammaire immédiate (primaire) vous concerne uniquement si votre tumeur ne nécessite pas de chimiothérapie et/ou de radiothérapie. Ces dernières altéreraient le nouveau sein. La décision doit être prise rapidement puisque l’intervention a lieu juste après la mastectomie. Cette solution présente deux grands avantages. Vous ne subissez qu’une seule opération. De plus, vous ne devez jamais être confrontée à l’absence d’un sein, ce qui peut être psychologiquement éprouvant.
  • La reconstruction mammaire ultérieure (secondaire) se fait généralement 6 mois à 1 an après votre traitement anti-cancer, lorsque votre corps et votre peau ont eu le temps de souffler un peu. Cette solution vous permet de prendre le temps de réfléchir aux différentes options possibles et à leurs conséquences.

Reconstruction mammaire : quelques conseils

  • Renseignez-vous sur les prix et les possibilités de remboursement des différents types de reconstruction mammaire.
  • Vous ne vous sentez pas d’attaque pour une nouvelle opération ? Optez dans un premier temps pour une reconstruction primaire avec pose de prothèse. Une fois prête, vous pourrez opter pour une reconstruction avec vos propres tissus.
  •  N’hésitez pas à demander un suivi psychologique pour vous aider à digérer tout cela, et profitez-en pour confier vos angoisses (peur de la mort, comment l’annoncer aux enfants,…).
  • Gardez toujours à l’esprit qu’il s’agit d’une opération lourde, qui devra sans doute se faire en différentes étapes. Par exemple, réaliser dans un deuxième temps un tatouage du mamelon et/ou de l’aréole grâce au savoir-faire d’un tatoueur médical.
  • Si le résultat n’est pas bon du premier coup (par exemple, les deux seins n’ont pas la même taille), des corrections peuvent être envisagées.
  • Demandez au médecin de vous mettre en contact avec d’anciennes patientes, le récit de leurs expériences pourra vous aider dans votre choix.
Article réalisé sous la direction du Dr Gautier Vandenbossche

Date de publication : 19-01-2016