Chaque mois, le cycle menstruel prépare le corps à accueillir une grossesse.
Ce mécanisme fait intervenir plusieurs hormones en 3 phases. Explications.

Le cycle menstruel : qu’est-ce que c’est ?

Le cycle menstruel est un mécanisme qui prépare le corps féminin à accueillir une grossesse chaque mois, de la puberté à la ménopause. Il commence le premier jour des règles, se termine le premier jour des règles suivantes et se poursuit s’il n’y a pas fécondation.

Quelle est la durée du cycle menstruel ?

Généralement, un cycle régulier s’étale sur une période de 25 à 32 jours.

Cette durée varie chez chaque femme sur base de plusieurs critères et étapes de la vie. Entre autres :

  • Des facteurs génétiques
  • Des changements de vie ou des chocs émotionnels
  • Les premières années du cycle menstruel
  • La périménopause, période précédant la ménopause

De nombreuses femmes ont également un cycle menstruel irrégulier.
Les 28 jours de référence (pour faciliter nos explications) sont donc loin d’être la norme en réalité !

Un cycle en 2 phases

Par un subtil mécanisme, les hormones sécrétées dans le cerveau et les ovaires déclenchent les différentes phases du cycle menstruel.

Phase 1 : la phase œstrogénique ou folliculaire

Cette phase commence le 1er jour des règles et dure généralement 14 jours.

Les follicules ovariens abritent chacun un ovule. Ils poursuivent leur croissance grâce à l’hormone FSH (hormone folliculostimulante) sécrétée par l’hypophyse, une glande à la base du cerveau. Mais au final, un seul follicule parvient à maturité. Les autres vont ensuite disparaître.

Les ovaires produisent des œstrogènes qui vont permettre à l’endomètre de s’épaissir pour accueillir un œuf en cas de fécondation.

Le taux d’œstrogènes augmente progressivement dans le sang et déclenche la libération soudaine de l’hormone lutéinisante (LH), qui a été sécrétée et stockée par l’hypophyse. Sous l’action de cette hormone, le follicule dominant se rompt et délivre un ovule : c’est le moment de l’ovulation.
L’ovocyte entame la descente de la trompe de Fallope jusqu’à l’utérus durant 3 ou 4 jours. Il est fécondable pendant 24 heures environ. Ensuite, et s’il n’a pas rencontré de spermatozoïdes, il dégénère.

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1. Phase 1 : la phase œstrogénique ou folliculaire / 2. Phase 2 : la phase progestéronique ou lutéale

Phase 2 : la phase progestéronique ou lutéale

La seconde phase du cycle menstruel commence après l’ovulation et dure 2 semaines.

Sous l’action de la LH, le follicule qui a libéré l’ovule se transforme en corps jaune. Cette structure cellulaire temporaire produit des œstrogènes ainsi qu’une grande quantité de progestérone. Cette hormone agit sur l’épaississement de la muqueuse utérine, qui s’enrichit en nutriments.

La production de progestérone atteint un pic environ 8 jours après l’ovulation, puis elle diminue, car l’hypophyse arrête de sécréter de la LH. Le corps jaune se détériore aux alentours du 23ème jour, jusqu’au 28ème jour. Cela entraîne également une baisse du taux d’œstrogènes.
Cette variation hormonale influence l’état de l’endomètre. Comme il ne reçoit plus autant de sang et d’oxygène, la paroi supérieure de la muqueuse dégénère petit à petit et s’évacue par le vagin sous la forme de saignements, ce qu’on appelle les règles.

Et s’il y a eu fécondation ?

Les cellules du placenta en développement diffusent une hormone, la gonadotrophine chorionique ou placentaire (hCG). Celle-ci maintient les fonctions du corps jaune et la sécrétion de progestérone et d’œstrogènes. La chute hormonale n’a pas lieu, donc l’hypophyse ne produit plus les hormones FSH et LH, responsables du cycle menstruel. Elle se met en veille durant la grossesse.

Ressenti physique et émotionnel

De nombreuses femmes ressentent des fluctuations tant au niveau corporel que psychologique durant leur cycle menstruel. Ceci est dû aux variations hormonales.

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Pertes vaginales

Les hormones influencent la sécrétion de la glaire cervicale. Ainsi, durant la phase œstrogénique, la quantité des sécrétions augmente et atteint son maximum au moment de l’ovulation. La glaire est alors transparente et glissante. Son rôle est d’aider les spermatozoïdes à se déplacer.

Durant la phase progestéronique, le volume du mucus diminue. Il devient plus épais, opaque et collant. Ce type de glaire complique le passage des spermatozoïdes dans l’utérus.

Sautes d’humeur et douleurs

Quelques jours avant les menstruations, certaines femmes peuvent ressentir des troubles physiques : tensions dans les seins, maux de ventre, maux de tête, fatigue, nausée… Leur équilibre psychologique peut également être perturbé par des sensations d’irritabilité, de dépression ou encore d’hypersensibilité.

Ces manifestations, qui annoncent le début des règles, sont regroupées sous l’appellation de syndrome prémenstruel (SPM). De longueur et d’intensité variable, ce dernier n’affecte pas toutes les femmes. Si la qualité de vie s’en ressent, il est recommandé d’en parler avec un médecin.

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Température corporelle

Sous l’action de la progestérone, la température augmente légèrement un peu avant, pendant et après l’ovulation. Elle reste plus élevée durant la phase progestéronique.
Ce phénomène est cependant peu perceptible : de 0,2° à 0,5 °C.

Article rédigé sous la direction du Dr Marie Mawet

Date de publication : 11-01-2016