La syphilis est une infection sexuellement transmissible (IST) très contagieuse. Si elle n’est pas traitée, l’infection peut se généraliser et atteindre tous les organes. D’où l’importance de se faire dépister.

La syphilis, c’est quoi ?

La syphilis est une infection sexuellement transmissible (IST) causée par une bactérie appelée tréponème pâle (treponema pallidum). Chez certaines personnes, elle évolue silencieusement sans provoquer de symptômes. Chez d’autres, des symptômes apparaissent. Ceux-ci sont parfois peu spécifiques, ce qui a valu à la syphilis le surnom de « grande simulatrice ». Dans tous les cas, symptômes ou non, la personne infectée par la syphilis est contagieuse et peut transmettre la maladie.

Comment la syphilis évolue-t-elle ?

La syphilis évolue en 3 stades, les symptômes étant différents à chacun d’entre eux.

Légende : 1. Treponema pallidum ou Tréponème pâle - 2. Chancre

Stade 1 (entre 10 et 90 jours après l’infection)

Une petite plaie indolore appelée chancre peut apparaître au niveau de la peau ou des muqueuses (vagin, clitoris, gland, pénis, testicules, rectum, anus, tétons, lèvres, bouche, gorge). Cette lésion peut passer inaperçue et disparaît sans traitement après trois à six semaines.

Stade 2 (simultané au stade 1 ou plusieurs années après la contamination)

Le stade secondaire est caractérisé par des éruptions cutanées au niveau des organes génitaux, de la paume des mains ou de la plante des pieds, du dos et de la poitrine. Ces éruptions peuvent s’accompagner de symptômes pseudo-grippaux (douleurs musculaires et articulaires, fièvre...). Ces symptômes disparaissent sans traitement au bout de quelques mois à deux ans, mais la personne infectée reste toujours contagieuse.

Stade 3 (jusqu’à 30 ans environ après la contamination)

Après le stade secondaire, la maladie peut rester latente et asymptomatique durant plusieurs années. Ensuite, elle atteint parfois une forme chronique (syphilis tertiaire), caractérisée par une atteinte de différents organes tels que le cœur, le foie, le cerveau, les os, les yeux, ou le système nerveux central.

Chaque année, le nombre de cas de syphilis augmente de 25% en Belgique.

 (Institut Scientifique de Santé Publique, ISP)

Comment la maladie se transmet-elle ?

La syphilis se transmet de différentes manières :

  • Lors de rapports sexuels non protégés (vaginaux, anaux ou oraux-vaginaux). Le risque de transmission lors d’un contact sexuel avec un partenaire infecté est d’environ 30% 1.
  • Par contact avec le chancre et avec les éruptions cutanées du 2stade.
  • Par le sang (échange de matériel injectable).
  • De la mère à l’enfant durant la grossesse ou lors de l’accouchement. La survenue d’une syphilis en cours de grossesse entraîne fréquemment des complications pour la femme et pour le fœtus : accouchement prématuré, mort fœtale in utero ou syphilis congénitale (atteinte multi-organe du fœtus pouvant entraîner des séquelles neurologiques, osseuses, ainsi qu’un décès in utero ou durant la période néonatale). Le risque de transmission à l’enfant est plus important lors des stades primaires et secondaires.

Les personne infectées par le VIH ont un plus grand risque d’attraper la syphilis, et inversement. De plus, les personnes séropositives peuvent mettre plus de temps à être traitée et à guérir de la syphilis. 

Dr Gautier Vandenbossche, gynécologue au CHU de Liège

Comment dépister la syphilis ?

Si vous avez eu un comportement à risque, faites-vous dépister. Le dépistage de la syphilis repose sur une simple prise de sang. Un délai de 3 mois après le comportement à risque est nécessaire pour que le résultat du test soit fiable à 100%. En cas de résultat positif, contactez vos partenaires sexuels (actuels et précédents) afin qu’ils réalisent à leur tour un test de dépistage.

Un dépistage de la syphilis est également fortement conseillé en début de grossesse. En Belgique, il est systématique et remboursé dans le cadre du suivi médical de la grossesse.

Comment traiter la syphilis ?

Le traitement de la syphilis repose sur l’administration d’antibiotiques (pénicilline) généralement sous forme d’une injection. Six mois après le traitement, un contrôle sanguin est nécessaire pour s’assurer que le traitement a bien agi et donc, que vous n’êtes plus infecté par la syphilis. Chez les femmes enceintes, la pénicilline est aussi l’antibiotique de choix. Le suivi est plus régulier (à 3 mois, 6 mois, 1 an et 2 ans).

Qu’en-est-il de la prévention ?

Le recours systématique au préservatif reste le moyen de prévention de choix en cas de contact sexuel (avec pénétration ou non). L’utilisation de matériel propre en cas d’injection est également indispensable. Il est par ailleurs recommandé aux personnes ayant plusieurs partenaires sexuels de se faire dépister régulièrement.

Article réalisé sous la direction du Dr Gautier Vandenbossche, gynécologue au CHU de Liège.
Source : 1/ NIZARD J., BENOIST G. Syphilis et grossesse. Journal de Gynécologie Obstétrique et Biologie de la Reproduction. Vol 37, N°HS1. Mars 2008
Date de publication : 29-06-2018